Le Santiago du Reportage

A veces, me gustaría matar a mi esperanza
Pero ella núnca me quita
No lograré ser una mente sin recuerdos
No puedo parar de pensar que quizás un día…

Esperanza de mierda. Eres una Tortura.

Vouloir Oublier.

Il serait temps de se concentrer sur les examens. Temps de ne pas déraisonner. Il serait aussi temps de lâcher cette foutue musique qui me ramène au 544 rue Mac Iver, dans ce centre ville de Santiago que j’arpentais avec le casque audio.

En sachant parfaitement que j’étais en train de vivre ce que je voulais. Et que je ne voulais être nulle part ailleurs.

Ça ne va pas être simple de faire comme si tu n’avais jamais existé.

Je m’abrutis chaque jour. Trois heures d’infos le matin. Le Monde décortiqué entièrement pour oublier que tu existes. Et la lecture des suppléments si ce n’est pas suffisant.

Je n’arrive pas à me reconnecter à la réalité. Je ne me suis pas préparée. Parce que je n’avais pas envisagé de me servir de ce billet d’avion. De tirer un trait sur le présent.

Aujourd’hui je vis machinalement, je respecte des horaires normaux, j’ai une vie réglée, un avenir radieux et prometteur, mais tu es loin. Je ne ressens plus ce vécu. J’ai perdu pou un long moment la sensation de plénitude.

Je m’efforce de me dire que je t’ai perdu pour un bon moment. Je sais que tu essayes aussi. Tu réussis mieux que moi, on dirait.

Un jour. Tes petits boulot. Mes économies. Ces livres français que tu déchiffres avec peine. Avec envie. Avec rêve. La musique que je ne supporte plus qu’en langue espagnole. La culture chilienne qui me manque. Tes promesses de voyage dans le sud. Cet appart que je cherche avec un lit double. Tes rêves à Paris. Mes rêves de toi à Roissy. Je veux t’aimer en hiver. Toi tu voudrais connaître la neige. Le 11 septembre. Mes projets de reportage. Ma fausse excuse pour te rejoindre. Tes peurs. Ta difficulté à assumer. Ton machisme culturel, quoi que tu fasses. Mon caractère insupportable. Mon féminisme insupportable.

C’est impossible. C’est douloureux. Larmes. Sourires. Doutes. Incertitude. Mort dans l’âme. Schizophrénie. Manque. Irréel. Court. Intense. Déjà fini. Encore rêver. Encore pleurer. Encore douter. Épuisée.

Putain d’océan atlantique

Le pied de nez

J’étais arrivée à reculons.

Je ne parvenais pas à partager l’enthousiasme des autres étudiants pour les voyages, la découverte d’un pays étranger et le style globe-trotter. Moi, j’étais amoureuse d’un français, qui refusait de sortir, même de sa région.

Je me voyais déjà sociologue sur les classes populaires françaises, j’enchainais les études de terrain sur Lille, et je voulais faire ma vie ici.

Et puis j’avais la trouille.

En bref, ça n’était pas le moment pour partir vivre à Santiago du Chili.

Dans l’avion, je snobais ces grandes montagnes qui ne m’inspiraient pas confiance.. Tout ce qu’évoquaient les « Andes » pour moi, c’était cette histoire que nous avez raconté maman.

Il y a quelques années, un avion s’était écrasé dans ces montagnes, et le survivants, faute de secours, avaient du se manger entre eux.

Avouez que ça ne motive pas forcément votre sensibilité touristique.

Une fois sur le sol chilien, mon sort était scellé. Je n’avais pas envie d’être là mais pourtant j’étais bien là. Et ce voyage allait tout changer. Tout. Mon âme, mes convictions, mon cœur.

J’arrivais à Santiago dans une ambiance hivernale, m’installais dans un hôtel moyennement accueillant, et je commençais à chercher un logement.

Quelques jours plus tard, j’étais installée dans une petite chambre, où trois autres êtres m’observaient sans me brusquer.

Sarah est française, elle est venue pour six mois ici. Sa présence est rassurante et deviendra clé. Elle vous inspire l’envie de devenir calme, mature et tranquille. Tout ce que je ne suis pas. Pas encore. William est un type pommé comme on en rencontre souvent en Amérique Latine, et dans la vie en général. Pas méchant, mais pommé. José, c’est le chilien de la maison. Un père, un grand frère, une présence chaude et joyeuse, un appui.

Passée l’époque de l’apprivoisement mutuel en ce milieu que je considérais encore comme hostile, il est temps pour eux de partir. Et pour moi, de rester à Santiago.

Intérieurement, je suis vide. Je m’efforce d’aimer à travers un ordinateur. Il n’y a plus de mains, de caresses et de regards pour me rassurer et me convaincre que tout va bien. Pas de mots non plus. Comme si cet homme qui ne livrait déjà pas beaucoup ses sentiments avait décidé de devenir muet. A ne plus rien entendre, mon cœur a bien fini par s’en détourner. Même ça, ma tête ne l’a compris qu’après. On ne peut pas m’aimer quand on ne me dit pas qu’on m’aime.

Extérieurement, je fais un travail remarquable. Je l’affirme sans rougir. Vous en avez eu un maigre aperçu dans les articles précédents. Enquêtes, interviews, témoignages de survivants. Petit à petit, les résistants socialistes me livrent leur peur, leurs regrets, leurs hontes, leurs fiertés.

Et un peu plus chaque jour, cette vocation, ce travail que j’aime, remplit mon cœur froid.

Je me passionne pour leur passé, leurs histoires si romanesques, la dureté de leur vécu. Ils apprennent à me comprendre, à m’aimer. Et je finis par échanger avec des dizaines de cœurs usés.

L’affection que j’ai pour eux aujourd’hui, je la garderai toute ma vie. Ce qu’ils m’ont offert, confié, livré, dans la tiédeur de leurs foyers ou sous les néons de leur bureaux , n’a pas de prix.

Ces rencontres m’ont donné beaucoup de réponses. Et je ne manquais pas de questions. Est-ce que je suis faite pour le journalisme d’investigation? D’où vient cette capacité que j’ai de tout observer? Pourquoi me parlent-ils ainsi? Peut-être parce que je suis capable de les écouter? De les comprendre?

Eduardo, tes conseils. Tatiana, ta voix, tes films, ta vie. Cette vie que j’aimerai avoir aussi. Ricardo, la flamme dans tes yeux. German, ton respect. Juan, ta conviction. Vous tous, qui m’avaient retourné les tripes. Merci…

J’ai aimé le Chili. J’aime votre histoire. Je veux vous aider. On vous reconnaitra, on légitimera votre place dans l’Histoire. Je ne vous laisserai pas partir sans cette reconnaissance que cet enfoiré d’État et ce putain de Parti n’ont jamais été capables de vous donner.

Ne pleurez pas.

Souffrez moins.

Je veux revenir, je veux vous revoir, je vous aiderai.

Santiago. Tu m’avais déjà tout offert. J’étais déjà conquise. Je voulais déjà rester à tes côtés. Et oublier la France.

Et tu m’as fait une ultime cadeau. Un dernier clin d’œil. Magnifique pied de nez à mon scepticisme et à ma peur de l’inconnu.

Tu m’as fait déborder le cœur avec une dernière rencontre.

J’ai envoyé valser la barrière de la langue, les préjugés, les cultures, les différences et les doutes. Mais aussi les certitudes, la raison, la peur, la retenue et l’angoisse.

Et j’ai vécu. J’ai aimé. J’aime.

Un coup du destin à un mois du retour. C’est tout toi, ça.

Au moins, maintenant, tu as la certitude de me voir revenir un jour…

“ Il n’y a pas de règle. Là où commence la Gestapo finit l’humain, donc la logique. Soixante-dix kilos de chair qui saignent sous le fouet des tortionnaires, ce n’est pas tout à fait un homme, ce n’est pas tout à fait une bête, c’est quelque chose en voie de devenir un héros ou un traitre. La métamorphose finale est imprévisible, souvent surprenante, parfois incompréhensible.”

—   

La torture.

Problème central de la Patrulla Juvenil

"Une photo de la cellule communiste clandestine a échappé aux perquisitions de la police polonaise, puis à celles de la Gestapo. Ils sont une dizaine de très jeunes gens au visage fermé. Ils se ressemblent tous : une passion commune les habite, et la tension donne à leurs traits une dureté uniforme. Ils sont à la fois farouches et désespérés."

La Orquesta Roja, Gilles Perrault

—   Pourquoi les jeunes de la Patrulla Juvenil se sont reconnus en lisant ce livre…

Rassemblement contre la discrimination faite aux homosexuels

Chili. Santiago. 30/03/13

Rassemblement en faveur des libertés sexuelles. Santiago. Le 30 Mars 2013.

En France, la commission des lois du Sénat a préparé le texte autorisant deux personnes du même sexe à se marier. Il sera examiné dans l’hémicycle à partir du 04 Avril. Aujourd’hui, le Chili tente lui aussi d’avancer dans cette voie…

Ce samedi 30 mars, des centaines de jeunes se sont rassemblés dans le centre-ville de Santiago. Ils ne demandent pas encore de lois comme dans nos pays européens, mais tout simplement le droit d’exister. Il est encore impensable pour un couple homosexuel de se tenir la main en public . Il faut attendre la pénombre des soirées, quand les rues se vident et qu’il n’y a plus de menaces. Les couples qui osent braver cet interdit risquent gros, et bien plus que de seuls regards réprobateurs. Ils s’exposent aux insultes et aux coups.

Le rassemblement n’a encore rien d’une Gay Pride. Il y a bien un podium, où se succèdent les shows et les discours en faveur de la tolérance sexuelle, mais les démonstrations des jeunes restent timides. Personne ne s’aventure à embrasser sa moitié face aux carabineros, qui encerclent la manifestation. On sait tous combien ce milieu est réputé machiste et peu ouvert d’esprit. On sait aussi que la police chilienne s’autorise souvent la liberté de frapper même lorsqu’il n’y a aucune raison de le faire.

Au Chili, il n’est toujours pas question d’avorter librement, pas question pour toutes les jeunes filles de prendre la pilule contraceptive et très mal vu d’aller acheter des préservatifs en pharmacie.

Le chemin est encore sinueux! Toutefois, malgré l’entrave intellectuelle imposée par l’Église catholique et les évangélistes, ces jeunes font part d’une grande ouverture d’esprit. J’ai interviewé trois amis homosexuels (photo ci-dessus), unis dans leur combat pour que leurs préférences sexuelles soient reconnues et acceptées.

Pour ceux qui maitrisent l’espagnol, l’intégralité de l’interview est disponible sur ce même site, dans l’article précédent. Pour les autres, j’ai retranscris ci dessous un bref passage de notre discussion:

Comment ça se passe dans votre vie de tous les jours?

On est discriminés au Chili, il y a une discrimination permanente.

Et par exemple, qu’est-ce qu’il peut t’arriver si tu tiens la main à ton petit copain dans la rue?

Ils crient, t’insultent, te frappent parfois. Ici, il y a un groupe, qui s’appelle les « nazis* », ils viennent d’Allemagne et ils sont contre nous. Et donc, on ne peut pas avoir une vie heureuse ici, on ne peut pas tenir la main de son petit ami comme on pourrait le faire à Paris.

Alors comment faites vous, il faut se cacher pour se retrouver?

Oui, il me rejoins chez moi, ou alors je peux lui tenir la main à l’extérieur mais la nuit, quand il n’y a personne dans la rue. Tu vis avec cette peur en fait. Tu ne peux pas vivre librement! Je crois que le Chili est un pays qui n’évolue toujours pas sur le plan social. Parce que j’ai vu dans d’autres pays d’Amérique du Sud, en Argentine par exemple, c’est beaucoup plus libre.

* Beaucoup d’allemands ouvertement nazis se sont exilés dans les pays d’Amérique du Sud, et plus particulièrement au Chili, après la défaite d’Hitler. A partir de 1973, le Chili est dirigé par le dictateur Pinochet, qui les accueille à bras ouverts..

Un des jeunes conclura sur le fait que dans sa propre maison, ses parents ont accepté son homosexualité, mais que « son père fait comme si rien ne s’était passé ». Il lui parle de petites copines, d’enfants et refuse de voir la vérité.

Finalement, il est certes plus dangereux et plus difficile d’assumer son homosexualité au Chili qu’en France , mais les mentalités ont du mal à évoluer dans les deux pays, pourtant très différents. Ici, des groupes d’extrême droite les menacent régulièrement, en France d’honteuses manifestations continuent de les discriminer. Il y a 23 ans que l’organisme mondial de la santé a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Et 31 ans que l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit en France.

La prise en compte par le législateur est un grand pas, mais il reste beaucoup de chemin à parcourir pour bousculer des mentalités qui ne sont que trop figées.

Témoignage de trois chiliens en faveur de la liberté sexuelle.

En lutte permanente contre ceux qui jugent leur homosexualité.

30/03/2013

“He recordado estos hechos dolorosos, porque el pueblo chileno tiene mala memoria. Los verdugos, cómplices, publicistas e ideólogos de la dictadura de Pinochet aún no han sido castigados y continúan disfrutando de las bondades de la democracia. Basta.”

—   

Alberto Galleguillos Jaque

Mi ultima clase de historia de Chile

Témoignage d’un lambda chilien de la génération dictature, qui conte l’horreur de façon poignante et modeste.

Rasho Laser Teatro au musée de la mémoire : une piètre interprétation de Lorca

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Nous sommes dimanche soir. Santiago est oppressante. Il n’y a personne dans les rues mais la chaleur étouffe chaque recoin.

Je décide de faire un tour sur le site web du musée de la Mémoire et des droits de l’Homme : ce soir, une pièce de théâtre sur Carlos Enrique Lorca Tobar est présentée.



Je vois cette opportunité comme un chance, qui n’arrive pas souvent dans le temple de la mémoire chilienne politiquement correcte, où ce qui clive n’a pas sa place. La preuve, quand Tzvetan Todorov y est venu en Novembre pour y dire, droit derrière son pupitre, que le communisme faisait partie des grands dangers messianiques de la planète, Ricardo Brodsky et ses compères ne cillèrent aucunement. Pas question de faire de vague, le temps du néolibéralisme est arrivé.



Première impression en arrivant dans la salle : nous sommes environ une vingtaine. J’ai compris que la période de la dictature n’intéressait pas les chiliens et qu’ils préfèrent bien plus la résilience aux souvenirs douloureux, mais là tout de même !



Je dois - avant de mener mon réquisitoire - vous expliquer qui était Carlos Lorca : président de la Jeunesse Socialiste avant le Coup d’État, il est aussi un des plus jeunes députés du gouvernement d’Allende.

Sous Pinochet, il décida de défier le pouvoir, afin de maintenir un parti socialiste déserté par les principaux dirigeants. Aidé d’autres jeunes, simples militants, ils vont épouser la clandestinité et les risques que celle-ci engendrait.

Plus tard, en 1975, cette direction sera démantelée dans son ensemble par les militaires, et Lorca ne réapparaitra pas. Encore aujourd’hui, aucune enquête sérieuse n’a été menée par le gouvernement sur les circonstances de sa mort : il y a le risque d’ouvrir un placard renfermant beaucoup trop de cadavres. Sans compter que ces cadavres ont l’odeur âpre de la honte, et pas seulement pour les partisans de Pinochet, mais également au sein du propre Parti Socialiste Chilien.


 

Le rideau se lève, je découvre un jeune homme au physique proche de Lorca, que je reconnais grâce à mon travail d’archive. Petit à petit, ces portraits en noir et blanc, ces photos d’époque, ont fini par m’habiter quotidiennement dans mon travail.

Pourtant, je vais détester cette pièce. L’acteur interprète très mal le jeune député socialiste mort pour ses idées. Après tant de recherches et de discussions avec ses anciens amis socialistes, je ne peux pas adhérer à ce qui est joué devant moi.



Qu’a t-il lu sur Lorca ?

S’est-il renseigné sur la personnalité et le vécu de son personnage?

Sur l’image qu’avait de lui le pays à l’époque?



La pièce se divise en trois moments : sa vie politique pendant l’Unidad Popular (1971-Août 1973), l’annonce du Coup d’État et enfin sa résistance clandestine.

La première partie met en scène une marionnette représentant Allende, et guidée par Lorca.

L’acteur adopte l’air idiot du jeune militant buvant les paroles de son mentor politique. Approuvant chaque réforme, chaque parole prononcée. Or, dans la réalité, si Lorca avait des positions très proches de celles du président, il conservait son jugement critique et se permettait de donner un avis personnel.

De plus, l’acteur se plait à le représenter en jeune révolutionnaire insouciant.

S’il connaissait mieux le contexte politique de l’époque, il aurait évité cette erreur grossière : Lorca était davantage l’incarnation d’une « révolution raisonnée ». Cet infatigable consensuel était en permanente recherche d’alliances et de compromis avec les autres forces politiques, afin d’apaiser une société en crise.

Au contraire, l’aspect révolutionnaire, radical, le fameux « avanzar sin transar » était plutôt porté par les cadres du Parti Socialiste, à commencer par son Secrétaire Général, Altamirano.



Pendant la deuxième partie, l’acteur se roule par terre, pleure seul face au public pendant deux longues et interminables minutes. Il interprète un homme peureux et idéologisé jusqu’à la moelle.

Lorca était un homme fort, décidant, avec un courage suicidaire, ne pas fuir, de ne pas abandonner la démocratie aux armes et à l’ignominie. Porteur des causes d’Allende, mais toutefois libre et critique, il publiera en 1974 « el documento de Marzo », exposant ses opinions sur l’échec du socialisme chilien.



Enfin, l’interprétation de l’acteur sur la période de clandestinité reste très sommaire : Carlos est assis, torse nu, et son corps s’agite au rythme de la « gégène » ( torture exercée par l’application de courant électrique sur les zones érogènes du corps). C’est oublier que la clandestinité a signifié beaucoup d’autres choses pour les jeunes membres de la direction : les réunions dans les maisons de sécurité, les planques chez de parfaits inconnus qui risquaient leur vie pour eux , les points de rencontre dans les rues de Santiago, la diffusion de journaux clandestins, etc.



Lorca est présenté simultanément comme un disciple, un couard, et un martyr. Il n’est, durant cette pièce, qu’une victime de l’Histoire.

C’est oublié que cet homme a pris des décisions importantes pour les socialistes, pour le pays et concernant sa propre vie . Il a décidé de résister à un système implacable, où la dictature autant que l’absence d’aide de son propre parti l’ont broyé.

Je dois pourtant me rendre à l’évidence :

Pourquoi l’histoire d’un homme qui incarna le parti socialiste intérieur, abandonné à la DINA par sa propre direction, aurait-il une place officielle dans les politiques publiques de la mémoire?